L’interview du général Roberto Viaux par Miguel Herberg

Mise en ligne, avril 2014. Dernière modification, 18 août 2014.

Entrevista del general Viaux por Miguel Herberg 4-04-1973

Entrevista del general Roberto VIAUX  por Miguel HERBERG (4 de abril 1973)

– Première partie : De Roberto et Renzo Rossellini à Erwin Robertson

– Deuxième partie : D’Erwin Robertson au général Roberto Viaux.

– Troisième partie : L’interview du général Viaux, et ses suites…

 

I – DE ROBERTO ET RENZO ROSSELLINI À ERWIN ROBERTSON

L’interview le 4 avril 1973 du général Roberto Viaux à la prison de Santiago est le meilleur exemple pour illustrer le travail de Miguel Herberg au sein de l’ultra-droite chilienne au cours de l’année 1973. Les conditions de sa réalisation sont comparables à celles de tous les interviews conduites par Miguel Herberg au Chili en 1973 avec les leaders de la droite.

Grâce au réseau de contacts qu’il a su établir au cœur de l’extrême droite chilienne – ceci sans que Peter Hellmich ne joue le moindre rôle, et moins encore Walter Heynowski et Gerhard Scheumann –, Miguel Herberg obtient l’accord pour l’interview. Le rendez-vous pris, Miguel Herberg se présente à la prison de Santiago, où est interné le général Viaux, accompagné du caméraman Peter Hellmich.

Peter Hellmich fait les prises de vue selon les directives de Miguel Herberg dont l’alphabet est simple. Parfois au début de l’interview, mais cela n’est pas systématique, une modeste mise en scène – ici l’entrée de Viaux dans la salle de la prison mise à disposition pour l’entretien – puis un plan large avec Miguel Herberg face à l’interwievé. L’interview commencée, les plans moyens alternent avec les gros plans. Une pression du pied ou du coude d’Herberg indique à Hellmich de passer du plan moyen au gros plan, et inversement. La situation impose ce code rudimentaire. En effet, Peter Hellmich ne comprend pas l’espagnol et n’est pas en mesure de prendre des initiatives et mouvements de caméra adaptés aux déclarations de l’interviewé (dans la rubrique « Peter Helmich, caméraman muet« , nous donnerons un exemple assez comique où Peter Hellmich, Walter Heynowski et Gerhard Scheumann trahissent leur incapacité à comprendre le moindre mot d’espagnol).

En 1973, en sus de conduire l’interview et de donner des indications à Peter Hellmich, Miguel Herberg se charge du son avec un appareil Nagra (en janvier et février 1974, la partie son sera pris en charge par Manfred Berger) et prend parfois des photos.

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Le général Roberto Viaux

En octobre 1969, sous la présidence du Démocrate-chrétien Eduardo Frei, le général Roberto Viaux Morambio est l’initiateur du « Tacnazo » – la rebelion d’officiers factieux qui occupent la caserne du Régiment Tacna à Santiago au prétexte d’exiger l’amélioration de leurs soldes. Un an plus tard, quelques semaines après que Salvador Allende soit arrivé en tête des élections présidentielles, le général Viaux organise un complot pour  lui barrer la route du Palais de La Moneda. Une tentative d’enlèvement de René Schneider, général en chef de l’armée, conservateur bon teint mais d’abord constitutionnaliste, se conclura par son assassinat. Viaux sera condamné à 20 ans de prison (sur une décision de la Cour suprême, acquise à la droite, il en sortira quelques jours avant le coup d’État du 11 septembre pour un exil au Paraguay).

4 avril 1973 : interview du général Roberto Viaux par Miguel Herberg à la prison de Santiago (Photo de Peter Hellmich avec le Nikon F de Miguel Herberg). Camera : Peter Hellmich. Interview et son : Miguel Herberg). Image et son ont été déposés en 2010 par Miguel Herberg à la Filmoteca Nacional de España.

4 avril 1973 : interview du général Roberto Viaux par Miguel Herberg à la prison de Santiago (Photo de Peter Hellmich avec le Nikon F de Miguel Herberg). Camera : Peter Hellmich. Interview et son : Miguel Herberg). Image et son ont été déposés en 2010 par Miguel Herberg à la Filmoteca Nacional de España.

Le général Viaux avaient eu en 1972 des entretiens avec une journaliste, Florencia Varas, qui en avait fait un livre, Conversaciones con Viaux. Mais l’interview filmée accordée à Miguel Herberg est, du moins à notre connaissance, la seule de ce type que Viaux a acceptée pendant son séjour en prison.

Dans le film La Spirale, d’Armand Mattelart, Jacqueline Meppiel et Valérie Mayoux, l’interview de Roberto Viaux est utilisée à deux reprises : la première séquence de 16′. 03 » à 17′ 16 », un peu plus d’une minute, et la seconde de 1h 34′ 29 » à 1h 35′ 03 ». Dans cette seconde séquence Viaux se contente de rappeler son rôle à l’occasion du Tacnazo. Dans la première, le général Viaux reconnaît lui-même que le complot contre Allende dont il avait pris la tête en octobre 1970  – son ampleur avait été minimisée d’un accord tacite entre l’accusation et la défense lors du procès  – était un véritable projet de coup d’État, il en cite avec précision les principaux complices au plus haut niveau de la hiérarchie des trois armes.

François Lesterlin, responsable du Seuil audiovisuel, co-producteur de La Spirale, ira à Rome régler avec Miguel Herberg les problèmes de droits d’auteur (voir note 1). Notons encore que le parti pris des réalisateurs de La Spirale était de faire un film en couleur. Dans leur film, les séquences en noir & blanc correspondent pour l’essentiel à des interviews tournées par Miguel Herberg – un indice que leurs contenus étaient suffisamment exclusifs pour que les réalisateurs acceptent de faire le sacrifice de la couleur (voir note 2). Près de trente-cinq ans après, en 2008, Didier Bigo, rédacteur en chef de la revue Cultures & Conflits, s’intéresse en particulier à cette interview avec le général Viaux dans un long entretien avec Armand Mattelart sur la genèse de La Spirale (ici sa traduction en langue espagnole). Armand Mattelart y souligne qu’il « est fort peu probable que Viaux aurait accordé un tel entretien à un journaliste chilien ou latino-américain« . Miguel Herberg a en effet obtenu que Roberto Viaux dise ce qu’il n’avait encore jamais dit devant une caméra.

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De Miguel Herberg au général Roberto Viaux : la piste italienne

Les interviews et leurs tournages au Chili en 1973 sous la direction de Miguel d’Herberg étaient une chose, mais la partie la plus délicate, particulièrement pour le cas du général Viaux, se passait en amont du tournage des interviews. Il s’agissait d’arriver à ces interlocuteurs et de les convaincre de se laisser interviewer devant une caméra.

Comment Miguel Herberg a-t-il obtenu l’accord de Roberto Viaux pour une interview filmée que ce dernier avait jusqu’ici refusée ? Comment le général a-t-il été mis en confiance et a été conduit à livrer sans trop de précautions une confession filmée aussi explicite ? C’est ce que les archives de Miguel Herberg et quelques recherches complémentaires nous ont permis d’établir.

Le début de la piste qui a conduit Miguel Herberg au général Viaux est italienne. Cette piste m’a été personnellement confirmée par Renzo Rossellini qui en est à l’origine. Elle  sera non seulement à l’origine de l’accès au général Viaux mais aussi d’une bonne part du périple de Miguel Herberg au cœur de différentes obédiences de l’ultra-droite chilienne occupées à préparer un coup d’État.

 Une  famille,  les Di Girólamo, qui aimait le Duce

Les trois enfants Di Girólamo en uniforme de Balillas Moschettieri. En 1948, Vittorio, Paulo et Claudio suivront leurs parents au Chili. Source photo : illustration de l'ouvrage de Vittorio Di Girólamo, Hijo de la Loba. Mis recuerdos del fascismo (1990).

Les trois enfants Di Girólamo en uniforme de Balillas Moschettieri. En 1948, Vittorio, Paulo et Claudio suivront leurs parents au Chili.
Source photo : illustration de l’ouvrage de Vittorio Di Girólamo, Hijo de la Loba. Mis recuerdos del fascismo (1990).

Cette piste, ouverte par Renzo Rossellini, purement italienne donc, a son origine sous l’Italie de Benito Mussolini. Dans les années 20 (1922, la Marche sur Rome; 1924, assassinat de Giacomo Matteoti suivi de l’arrivée au pouvoir de Mussolini), Don Giulio Di Girólamo et son épouse, Doña Elvira Carlini, ont, comme l’écrit en 2004 Hector Maldini dans son ouvrage Contando Italia desde Chile : « una vasta cultura humanista y claras convicciones politicas« . « Claras convicciones politicas… », un euphémisme de 2004 pour nous dire que le couple Di Girólamo aimait beaucoup le Duce et sa politique.

Ceci ne les empêchaient en rien de développer de réels et divers talents artistiques; particulièrement, dans le domaine du théâtre et des beaux-arts – Giulio est restaurateur de tableaux et peint de grandes fresques laïques ou religieuses. Le couple apprécie le jeune cinéma italien de la fin des années trente où les talents ne manquaient pas. Des fascistes convaincus : Elvira Carlini tient son rang parmi les Donne Fasciste et Giulo Di Girólamo gagne le concours de l’affiche de propagande en 1940. Les Di Girólamo inscrivent avec enthousiasme leurs trois garçons, Paolo, Vittorio et Claudio, comme figlii della lupa (fils de la louve), puis Balillas Moschettieri et enfin Avanguardistas, les formations du régime fasciste pour encadrer la jeunesse.

Giulio Di Girólamo et Elvira Carlini garderont jusqu’au bout, très au delà du raisonnable, de la sympathie pour le régime de Mussolini. Ils voient le débarquement des alliés comme une « invasion » et se désolent que la suprématie technique américaine ait eu raison du courage des forces allemandes et italiennes fascistes… Ce sont les reproches dont ils sont l’objet après-guerre comme inconditionnels de l’ancien régime fasciste qui les conduisent à émigrer au Chili en 1948, après avoir vainement tenté d’autres destinations américaines. Leurs trois fils n’ont pas encore 20 ans. Les membres de la famille Di Girólamo vivront dans leur pays d’accueil de leurs indiscutables talents artistiques. Le couple fonde l’Académie Di Girólamo – enseignement de la peinture et de l’histoire de l’art –, Giulo poursuit sa carrière de peintre. Toute la famille cultive sans entrave la nostalgie de leurs belles années fascistes. Paulo et Claudio se cantonnent à leurs souvenirs d’enfance – un fascisme boy-scout en culottes courtes – alors que Vittorio pense et rêve fasciste avec un zèle particulier.

Roberto et Renzo Rossellini au Chili

En 1971, Roberto Rossellini est au Chili avec son fils Renzo, lui-même cinéaste et producteur. Renzo Rossellini se situe très à gauche du Parti communiste italien. Il travaille souvent avec son père mais développe aussi des projets personnels. Il contrôle la structure de production San Diego Cinematografica et partage avec Roberto Rossellini celle d’Orizzonte 2000. C’est cette dernière qui produira La forza e la ragione – l’interview en mai 1971 de Salvador Allende par Roberto Rossellini (36 minutes) – et participera aussi à la production d’une grande part des films réalisés par Roberto Rossellini pour la télévision (Socrate, Blaise Pascal, Descartes, etc.).

L’entretien de Roberto Rossellini avec Salvador Allende est facilité par Danilo Trelles (voir Deux imposteurs, 40 ans d’imposture). Son père reparti en Italie, Renzo Rossellini reste quelques mois au Chili pendant lesquels il est en contact avec Chile film. C’est pendant ce séjour qu’il rencontre Elvira et Giulo Di Girólamo, présentés plus haut, figures connues et cultivées de la colonie italienne à Santiago. Ce sont de grands admirateurs de Roberto Rossellini, même s’ils ne cachent pas des opinions politiques très éloignées de celles du cinéaste italien. Après avoir fait la connaissance des parents, Renzo Rossellini fait celle de deux des trois fils, Claudio et Vittorio, et se rend compte rapidement que ce dernier, plus encore que ses géniteurs « Muestra entereza cuando defiende varios aspectos de la ideologia y praxis fascista en Italia » (montre de la ferveur quand il défend beaucoup d’aspects de l’idéologie et praxis fascites en Italie) comme l’écrit avec délicatesse Héctor Maldini dans l’ouvrage déjà cité.

Jean Maire (Miguel Herberg), imprimeur, à René Descartes : « Je vais commencer à composer le Discours de la méthode ».
Descartes (Cartesius), de Roberto Rossellini (1973). Le générique du film crédite Miguel Herberg sous son seul prénom, « Miguel », la signature qu’il utilisait à l’époque.

Miguel Herberg suit la piste suggérée par Renzo Rossellini…
Miguel Herberg avait travaillé à Los Angeles et Rome sur des réalisations de San Diego cinematografica, la maison de production de Renzo Rossellini. Il a notamment travaillé sur Vietnam 73, sorti en Italie en janvier 1973 – un film réalisé avec un important apport de documents issus de la RDA, notamment du Studio H&S (les 4 films de la série  « Piloten im pyjama« , interviews (sans risque) de pilotes de B-52 prisonniers au Nord-Viernam).

Orizzonte 2000 - HerbergMiguel Herberg a aussi approché Roberto Rossellini. Plus tard, en 1974, on verra Herberg, « Miguel » dans le générique du film, dans le rôle de Jean Maire, imprimeur du philosophe, dans Descartes (ici, la version complète sous titrée en portugais) réalisé par Rossellini.

 

« Orizzonte 2000 », maison de production de Renzo Rossellini, est hispanisé, selon l’habitude de l’OIR, en « Horizonte 2000 ».

Ces précisions ne sont pas là pour dresser un portrait de Miguel Herberg en pilier du cinéma italien, mais seulement pour expliquer que l’idée de Miguel Herberg de partir au Chili tenter de filmer la droite est pour une bonne part le résultat de discussions avec Roberto et Renzo Rossellini à la suite de leur séjour au Chili en 1971 et aussi avec Danilo Trelles, qu’il a connu en 1971 chez Renzo Rossellini à Rome comme ce dernier nous l’a confirmé.
Herberg a vu l’opportunité de se servir des recommandations de Renzo Rossellini pour prendre contact avec la famille Di Girólamo, dont tout indiquait que les fils, en particulier Vittorio, avaient les meilleurs contacts avec l’ultra-droite chilienne.
Arrivé à Santiago en janvier 1973, c’est comme correspondant de la maison de production de Renzo Rossellini, Orizzonte 2000, que Miguel Herberg se fait établir, comme tous les journalistes étrangers, une carte de presse de l’OIR, l’Oficina de Informacion y Radiodifusión de la Presidencia de la República (voir-ci-dessus).
C’est donc en ami et collaborateur de Renzo Rossellini qu’Herberg  prend contact avec Doña Elvira Di Girólamo – Giulio, son mari, est reparti depuis 1972 en Italie et ne regagnera le foyer familial qu’en 1976. Miguel Herberg fait alors rapidement connaissance avec Claudio et Vittorio qu’il va fréquenter assidument, comme en témoignent les multiples occurrences de leurs noms suivis de leurs numéros de téléphone qui figurent sur ses agendas de l’époque (ce sera détaillé à la rubrique « Les agendas de Miguel Herberg« ).

Erwin Robertson, directeur de Tacna, feuille d'ultra-droite proche du général Roberto Viaux. À la une du n° de juin, quelques semaines avant le Tanquetazo, un appel de Sergio Miranda Carrington au coup d'État (Miranda est aussi un des invités des agendas d'Herberg). Photo (mars 73) : Miguel Herberg.

Erwin Robertson, directeur de Tacna, feuille d’ultra-droite proche du général Roberto Viaux.
À la une du n° de juin, quelques semaines avant le Tanquetazo, un appel de Sergio Miranda Carrington au coup d’État (Miranda est aussi un des invités des agendas d’Herberg).
Photo (mars 73) : Miguel Herberg.

De Vittorio Di Girólamo à Erwin Robertson
Vittorio, aux talents multiples, pense et écrit. Il est en contact étroit avec Erwin Robertson (photo ci-contre). Directeur d’une feuille d’ultra-droite, TACNA, Robertson a pour héros le général ultra-nationaliste Roberto Viaux, présenté plus haut, et  donne régulièrement la parole à Vittorio Di Girólamo – une pleine page, par exemple, dans le n° de TACNA qui sort au début du mois de septembre 1973 consacrée à l’analyse par Di Girólamo du régime du général Juan Velasco Alvarado au Pérou. Erwin Robertson, lui-même impliqué dans le complot conclu par la mort du général Schneider, avait été condamné à une courte peine de prison en première instance et à un an et demi de relégation en appel.
Si l’on doutait de la proximité de Vittorio Di Girólamo avec Erwin Robertson et les thèses  de l’extrême droite, on se plongera dans la lecture de la revue qui va succéder à Tacna après le coup d’État, Orden Nuevo…

Décembre 1973, contribution de Vittorio Di Girolamo au premier numéro d'Orden nuevo. (Archives Miguel Herberg).

Décembre 1973, contribution de Vittorio Di Girolamo au premier numéro d’Orden nuevo.
(Archives Miguel Herberg).

En effet, après la libération du général Viaux quelques jours avant le coup d’État et son éloignement au Paraguay, le titre Tacna ne se justifiait plus. Au lendemain du 11 septembre 1973, l’actualité est celle de l’ordre nouveau et Vittorio Di Girólamo tiendra à apporter sa contribution au journal d’Erwin Robertson qui se voue à penser et influencer cet orden nuevo issu du coup d’État militaire.

Au nouvel ordre, des idées simples : « Que sean barridos para siempre los carnavales electorales [Que l’on se débarasse pour toujours des carnavals électoraux] », écrit  Vittorio Di Girolamo dans sa première contribution, et pas la plus compromettante, en décembre 1973 dans le premier numéro d’Orden nuevo qui succède à Tacna (illustration ci-contre). D’autres articles signés par Vittorio Di Girólamo dans Orden Nuevo suivront. Fasciste convaincu, Vittorio Di Girólamo, avait déjà écrit  à plusieurs reprises dans la revue Tacna qui ne cessait d’appeler depuis 1971 à l’intervention des forces armées. En mars 1970 notamment, Vittorio Di Girolamo disait sa vérité sur… le fascisme : « La verdad sobre el fascismo » (Tacna n° 10).

Iván Alvear Ravanal (à gauche) et le général Alfredo Canales. Photos de Miguel Herberg (mars et juillet 1973).

Iván Alvear Ravanal (à gauche) et le général Alfredo Canales.
Photos de Miguel Herberg (mars et juillet 1973).

À SUIVRE…

La première partie de cet enquête a montré la piste, ouverte par Renzo Rossellini, qui a conduit Miguel Herberg d’Elvira Di Giloramo à ses fils Claudio et Vittorio. Puis de Vittorio Di Girólamo à Erwin Robertson… La deuxième partie de cette enquête nous conduira jusqu’à la prison de Santiago pour l’interview du général Viaux par Miguel Herberg le 4 avril 1973, interview filmée par la caméra de Peter Hellmich.

Il y aura des suites intéressantes à cette interview du général Viaux traitées dans une troisième partie. En sus d’Erwin Robertson et Vittorio Di Girólamo, on y croisera les noms du général Alfredo Canales, d’Iván Alvear Ravanal et d’Enrique Arancibia Clavel.  Sous la dictature, les deux derniers collaboreront avec la DINA, la Dirección de Inteligencia Nacional, bras armé d’une terrible répression qui dépendait directement d’Augusto Pinochet (le général Canales et Alvear Ravanal ont été interviewés par Miguel Herberg).

NOTES : 

Note 1 : Armand Mattelart précise à Didier Bigo que cette interview a été conduite par Saul Landau en 1972 – une double erreur, et d’auteur et de date (en réalité, une interview conduite par Miguel Herberg après les élections du 4 mars 1973 qui sont d’ailleurs évoquées dans l’interview). Armand Mattelart en a convenu sans difficulté après une discussion que nous avons eue en novembre 2013. Comme il l’explique d’ailleurs dans le même entretien avec Didier Bigo, le travail de recherche des documents a mobilisé l’équipe entière et chacun n’a pas toujours su à qui on devait tel ou tel document. Mais dans le générique du film La Spirale, il est bien fait mention parmi les crédits de « Miguel. », à l’époque, la signature de Miguel Herberg. Elle est suivie d’un crédit à « R. Rossellini » pour un extrait de l’interview, en couleur, de Salvador Allende par Roberto Rossellini.

Note 2 : Aux exceptionnelles images noir & blanc du Palais de La Moneda en flamme – que l’on doit au seul Peter Hellmich (Miguel Herberg était à Alger le 11 septembre 1973) –, les réalisateurs de La Spirale ont préféré monter dans leur film d’autres images de l’incendie de la Moneda, aussi prises depuis l’Hôtel Carrera mais en couleur.

Textes de Jean-Noël Darde ( jndarde@gmail.com ).

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